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La qualité de l’air dans les écoles est toujours un sujet

Vous vous en souvenez peut-être : durant l’épidémie de COVID (et puis aussi bien avant), j’avais beaucoup insisté sur l’importance d’assurer une ventilation mécanique des locaux accueillant du public, en particulier les écoles, les lieux de culture et les salles de sport — en soulignant qu’au delà de la lutte contre l’épidémie, il s’agissait d’un enjeu majeur de santé publique.

Force est de constater qu’en Wallonie, ce problème n’a malheureusement pas encore été pris en charge de façon sérieuse par les pouvoirs publics. Certes, ceux-ci ont beaucoup d’autres chats à fouetter (et au niveau local, l’époque est au grande serrage de ceinture), mais c’est malheureusement trop souvent la prévention en matière de santé qui passe à la trappe face aux mille urgences du quotidien politique. Et, dans le durée, cela n’est pas acceptable.

C’est donc un organisme privé — AIRSCAN.org — qui relance aujourd’hui le débat, en publiant des chiffres qui s’ils ne surprendront pas les personnes qui se sont déjà un peu intéressées au sujet, n’en restent pas moins alarmants : plus de 80% des classes belges (et le taux monte encore plus en zone urbaine) présentent des taux de particules fines supérieurs aux normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour y répondre, Airscan prévoir d’installer (grâce à du mécénat) des purificateurs d’air dans certaines écoles.

Si l’on insiste ici sur les particules fines, l’augmentation du taux de CO2 dans l’air ambiant doit également retenir l’attention. Et cela pose une difficulté que les purificateurs d’air ne résoudront pas. On peut facilement en effet résoudre le problème de concentration du CO2 par une simple ouverture des fenêtres tandis que les particules fines, issues du trafic automobile ou du chauffage au bois ou au mazout, peuvent au contraire, dans certains cas, voir leur taux… augmenter si l’on ouvre les fenêtres.

Ces deux phénomènes — présence de polluants intérieurs d’une part (particules fines, mais aussi oxydes de soufre ou d’azote, carbone-suie, etc), CO2 issu de la respiration d’autre part — ont des conséquences non négligeables en matière de santé, dont les plus graves (problèmes cardio-vasculaires, etc) ne sont que la partie la plus visible : tous les humains qui vivent en ville voient leur santé affectée, à des degrés divers. Mais ces deux pollutions ont également un impact désormais reconnu sur le plan cognitif et donc sur le plan scolaire.

Il est donc indispensable d’envisager sans plus tergiverser une action globale, transversale, qui doit en tout premier lieu passer par une lutte résolue contre la pollution de l’air en général (j’ai d’ailleurs interpellé le Collège communal à ce sujet au mois de décembre dernier) mais passera aussi, je pense, par l’installation systématique de dispositifs de ventilation contrôlée dans les écoles, théâtres, clubs de sport… En intégrant une filtration de l’air là où c’est nécessaire.

Cela coûtera sans doute quelques centaines de millions à la Communauté française et il y aura évidemment des gens pour considérer que c’est impayable. Comme ils le font à chaque fois qu’il est question de prévention en matière de santé… sans jamais s’intéresser aux multiples coûts, pourtant considérables, de la mauvaise santé des Belges (et je ne parle pas seulement des « malades de longue durée » qui font un peu trop la Une ces temps-ci).

Pour ma part, je suis profondément convaincu que fournir aux enfants (ainsi qu’aux enseignants) des conditions d’étude qui ne nuisent pas à leur santé ne devrait pas même faire débat : en rendant (à juste titre) l’école obligatoire, l’État s’oblige moralement (et peut-être juridiquement) à veiller scrupuleusement à la santé des écoliers.

Je vais donc remettre le sujet sur la table dans les prochaines semaines.