Il faut abolir le statut « cohabitant » ! Il faut individualiser les droits sociaux ! C’est un enjeu majeur de justice et d’égalité — notamment pour de très nombreuses femmes, que ce statut maintient dans un état de sujétion économique — et nous le répéterons autant qu’il le faudra.
Le gouvernement Arizona, au contraire, vient de le renforcer de façon sévère, avec une cruauté qui laisse sans voix.
Dès le 1er mars, en effet, les CPAS devront prendre en considération l’ensemble des revenus de toutes les personnes vivant sous le même toit que la personne qui demande une aide sociale.
C’est un recul considérable. Concrètement, ça signifie par exemple qu’une personne qui se retrouve à demander l’aide du CPAS alors qu’elle héberge un parent âgé dépendant (qui touche une pension) devra choisir entre la survie de celui-ci et sa sienne propre. Ça signifie qu’un enfant étudiant qui vit chez sa maman perdra une grande partie de son Revenu d’insertion (pourtant déjà au taux cohabitant) et sera poussé à arrêter ses études. Ce genre de choses.
Le Conseil d’État avait pourtant vertement critiqué ce projet de la ministre NVA Anneleen Van Bossuyt (dont l’insensibilité à la souffrance sociale rivalise de toute évidence avec celle de l’abject Clarinval) au motif qu’il constitue une régression significative et non justifiée du niveau de protection sociale, ce que la jurisprudence constitutionnelle interdit. Qu’à cela ne tienne : ce gouvernement — probablement le plus antisocial depuis la guerre — passera en force.
On verra ce qu’en diront les juridictions, mais la toute récente décision de a Cour constitutionnelle sur la réforme du chômage n’incite pas à l’optimisme.
Il y a deux jours, le parti dit « Les Engagés » (qui se nomma « humaniste » dans une époque révolue) s’épanchait sur la situation des aidants proches, qui se font laminer par la réforme du chômage (que les députés « Engagés » ont cependant votée en toute tranquillité, cet été à la Chambre). Je ne serais pas étonné de voir à nouveau ces mêmes « Engagés » larmoyer a posteriori sur les dégâts qu’ils ont eux-mêmes commis à l’égard des cohabitants. Ils sont comme ça, les « Engagés » : ils vous volent votre portefeuille puis ils crient partout au voleur tout en vous assurant de leur pleine solidarité.
Mais revenons au sujet : ce recul sur le statut cohabitant sera particulièrement violent. Cette mesure — parmi d’autres, certes — va mettre la tête sous l’eau de façon extrêmement dure à un paquet de gens.
J’espère que tout le monde s’en souviendra en 2029 — si on ne parvient pas à faire tomber ce gouvernement avant —, aussi bien les électeurs que les responsables de la gauche : nous allons devoir être à la hauteur, collectivement à la hauteur, pour reconstruire vite et fort les droits sociaux qui sont en train d’être saccagés les uns après les autres.
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