Accueil > Au Conseil communal > Délibérations > Pour la métropole de Liège

Délibération

Pour la métropole de Liège

Motion soumise au Conseil communal du 29 juin 2026 par François Schreuer, conseiller communal

Considérant la réalité humaine d’une grande ville de 600.000 ou 700.000 habitants qui vit au quotidien — pour l’emploi, l’enseignement, la santé, la culture,... — par-delà les limites administratives, communales et autres ;

Considérant l’importance qu’ont prises, au fil des décennies, les politiques publiques conduites à l’échelle de ce bassin liégeois, qui rendent les habitants et institutions qui le font vivre chaque jour un petit peu plus interdépendants ;
Considérant la multiplication des périmètres de l’action publique, ce qui compromet la lisibilité mais aussi la cohérence de celle-ci ;

Considérant que la fusion des communes de 1977 a laissé l’agglomération liégeoise dans une situation de morcellement institutionnel sensiblement plus marqué que la plupart des autres villes wallonnes, puisque la ville-centre y représente moins du tiers de la population métropolitaine ;

Considérant l’affaiblissement structurel des finances publiques locales, particulièrement dans les grandes villes ; considérant l’appauvrissement en cours de la Ville de Liège par rapport à la moyenne de l’arrondissement ou de la Région ; considérant le travail en cours pour chiffrer les coûts de la centralité urbaine ; considérant qu’il est de l’intérêt de toutes les communes liégeoises que la ville-centre de l’agglomération puisse jouer un rôle de moteur métropolitain ;

Considérant la note d’intention du gouvernement wallon de décembre 2025 visant à la suppression de l’institution provinciale sans proposer d’autre modèle de coordination à l’échelle des bassins de vie ;

Considérant l’avis adopté le 20 avril dernier par notre Conseil, dans lequel nous avons laissée ouverte la question de l’avenir institutionnel liégeois ;

Considérant encore la nécessité pour l’agglomération de Liège de réaliser dans les prochaines années des investissements conséquents dans l’adaptation de son territoire aux enjeux énergétiques, climatiques ou sociaux ;

Le Conseil communal :

a) Observe qu’un cycle de reconfiguration du paysage institutionnel local s’est de fait ouvert ;

b) Souhaite que cette reconfiguration fasse l’objet d’un débat public transparent et bien documenté, compréhensible par les citoyennes et citoyens intéressés par la question, et qu’une approche d’ensemble, aussi rassembleuse que possible, puisse être recherchée plutôt que d’opérer par segments ou dans la précipitation ; exprime à cette fin le souhait de voir s’organiser avant la fin de l’année 2026 une grande conférence de l’ensemble des pouvoirs locaux, intercommunales, outils de développement et acteurs de la société civile de l’arrondissement de Liège pour débattre de cet avenir ;

c) Affirme la nécessité vitale pour l’avenir de Liège d’une instance de coordination des politiques publiques à l’échelle métropolitaine ;

d) Suggère que la rationalisation des périmètres de l’action publique devienne un chantier prioritaire, dans le but de faire correspondre arrondissement, zone de secours, bassin de logement et autres ;

e) Souligne que cette instance métropolitaine, vu l’importance des matières qu’elle sera appelée à gérer, doit offrir de solides garanties démocratiques : publicité des débats, représentation proportionnelle des territoires et des sensibilités politiques, mécanismes d’interpellation et de participation pour les citoyennes et les citoyens...

f) Souhaite que cette instance métropolitaine soit dotée d’un ensemble cohérent de compétences, susceptible de lui permettre d’œuvrer efficacement au développement territorial, économique et social de la région liégeoise et de lui servir de bras armé pour affronter les immenses défis de l’époque, notamment en matière de mobilité et d’aménagement du territoire, de politique du logement ou sur le plan environnemental ;

g) Observe que cette instance métropolitaine, pour mener à bien ses missions, devra disposer des moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions et d’une autonomie budgétaire complète, ce qui nécessite de la doter d’une capacité fiscale propre et la mise en place par la Région de dispositifs fiscaux — par exemple un « versement mobilité », sur le modèle français — susceptibles de rendre possibles les investissements indispensables ;

h) Exprime une préoccupation pour l’avenir des services publics aujourd’hui assurés par la Province de Liège, notamment dans le domaine de l’enseignement, et demande au gouvernement de garantir la continuité de ces services, leur ancrage à Liège et l’avenir des personnels concernés, quel que soit le scénario retenu ;

i) Mandate le Collège communal pour transmettre la présente aux membres du gouvernement wallon ainsi qu’à tous les parlementaires régionaux.

 

Les derniers articles publiés sur le site