Il y a 9 ans, en juin 2017, à l’occasion des fêtes de la musique, on avait réussi, avec urbAgora et la Plateforme Place Cockerill, avec la complicité de feu le Supervue festival, à piétonniser la place Cockerill pendant tout un week-end, qui reste un des moments marquants de ma vie militante.
Le vendredi, l’orchestre de l’Université de Liège (le CIMI ULiège) avait ouvert les festivités, suivi par l’inoubliable concert klezmer d’Odessa la vie, la fanfare Vlakidrachko et finalement Radio Bistrot. Le lendemain, une dizaine de DJs rassemblés par l’équipe du Supervue (qui avait aussi pris en charge le mobilier urbain éphémère qui avait été disposé sur la place) s’étaient succédés aux platines : Nicolas Mons, Yamen Martini, Smez, Tom Teez, Biggie Brase, Hugo Freegow, Vol-au-Vent, Lowcommittee, Cabase et Nevrland.
Avec les dizaines de militants qui avaient rendu possible cet événement (je les embrasse s’ils me lisent), on avait eu le sentiment de faire la démonstration que cette place avait vocation à devenir un épicentre de la vie liégeoise, un lieu de rencontre, de fête, un espace public au sens plein et entier (plutôt qu’une entrée de parking gigantesque, comme la Ville le souhaitait à l’époque). Puis évidemment les voitures étaient revenues.
Ce lundi, au Conseil communal, je remettrai l’idée sur le tapis dans une interpellation que j’adresserai au Collège communal : avec la fin du chantier des quais, la fin de celui de la Grand-Poste et son annexe, l’abandon de l’idée de faire passer la Transurbaine sur la place du XX Août et dans la petite rue de l’Etuve (ouf), le projet de l’Université et de sa Faculté de Philosophie & Lettres de créer un grand « Learning center » ouvert sur la ville dans son bâtiment de la place Cockerill (avant de transformer ses cours intérieures en agoras de verdure ?), les astres semblent alignés pour concrétiser cette aspiration de longue date et rendre la place aux piétons.
J’ajoute que la canicule démontre de surcroît le besoin urgent, vital, de verduriser nos espace publics et la place Cockerill — pour peu qu’on abandonne définitivement l’idée d’y enterrer un parking — pourrait accueillir de beaux de (d’ici quelques décennies) grands arbres qui feront le plus grand bien.
On parle d’un « quartier latin » ? En voici le futur cœur battant, entre XX Août et Grand Poste. Une deuxième place du marché, plus étudiante, plus jeune, où la convivialité déjà bien présente dans les bars et commerces existants, pourra prendre de l’ampleur.
Si l’on peut rêver de grands aménagements, je suis convaincu que le lieu se prête particulièrement bien à l’urbanisme tactique : quelques bornes rétractables pour permettre les livraisons et garder l’accès des bus quand c’est nécessaire (il arrive que la place de la République française ne soit plus accessible), un peu de mobilier urbain (pourquoi pas un concours pour les jeunes designers ?), des arbres, bien sûr, et le lieu peut devenir méconnaissable en très de temps et pour un budget plus que raisonnable.
Les voitures passeront par le quai, ou alors par Régence-Cathédrale-Université. Il faudra s’assurer, bien sûr, que le Théâtre de Liège peut toujours recevoir les camions qui servent sa régie, vérifier quelques détails, mais rien d’insurmontable.
Rendez-vous ce lundi 29 juin à partir de 18h (à l’hôtel de Ville ou en ligne sur la chaîne Youtube de la la Ville pour connaître la réponse à cette proposition !
Pour aller plus loin...
- Place Cockerill : le Collège cherche-t-il à brûler les étapes ?
Question orale - 20 juin 2015
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