Remarques dans le cadre de l’enquête publique relative à la demande de permis introduite par l’OTW visant à Réaménager des voiries et espaces publics entre le CHC Montlégia et le site de Fontainebleau, afin de créer une ligne de BUSWAY.
Premiers éléments, que j’espère encore compléter dans les prochains jours.
1. Un Busway qui doit préparer l’arrivée du tram
La réalisation d’un axe de transport public structurant desservant le plateau de Saint-Nicolas est indéniablement souhaitable et même nécessaire, non seulement dans une perspective de desserte de l’importante population déjà présente le long de l’axe, mais aussi pour accompagner le développement urbain qu’on observe déjà et qui va probablement se poursuivre.
Le dimensionnement du projet de « Busway » présenté par l’OTW pose cependant question. En effet, ce Busway plafonne à une capacité de 2400 usagers par heure et par sens, ce qui répond pas à la demande sur la partie centrale de la ligne (entre Fontainebleau et Longdoz, a minima), où l’on observe d’ores et déjà un problème de saturation marqué, notamment à l’heure de pointe pendant les jours scolaires, alors que les fréquences de bus sont déjà très importantes.
L’OTW répond à cet argument en arguant que le Busway vient s’ajouter aux lignes existantes. Le problème, c’est que, ce faisant, le risque de voir se reproduire sur l’axe du Busway le problème d’engorgement que l’on connaissait jadis entre Guillemins et Saint-Lambert est élevé et que, partant, les performances du Busway, déjà peu concluantes sur un axe où il est quasiment seul (vers le Sart Tilman), risquent de s’en trouver d’autant plus dégradées.
Le choix du tramway s’impose donc sur cet axe, au moins sur sa partie centrale, entre la place Saint-Nicolas et la place Georges-Ista.
C’est pourquoi il est fortement souhaitable que le projet Busway soit pensé pour faciliter l’implantation de cette ligne à moyen terme et qu’on veille méticuleusement à ne rien faire qui compromettrait au contraire la construction du tramway.
En consultant le projet proposé par l’OTW, on s’inquiète cependant, notamment parce qu’aucun déplacement d’impétrants hors de l’assiette du futur tramway n’est prévu. Or, sans un tel déplacement, il faudra déconstruire très largement les aménagements urbains qui auront été réalisés dans le cadre du Busway, ce qui ne semble acceptable ni du point de vue des nuisances qu’auront à subir les riverains, ni de celui des finances publiques.
C’est pourquoi nous demandons que partout ou un réaménagement complet de l’espace public est envisagé (entre la place Saint-Nicolas et la place Georges-Ista, a minima), les impétrants soient déplacés de manière à rendre possible l’implantation future du tram — dans le but, donc, d’éviter de devoir, d’ici quelques années, démolir des aménagements fraîchement réalisés.
2. Des axes cyclables très perfectibles
L’ambition initialement affichée de créer des axes cyclables très qualitatifs n’est pas au rendez-vous et c’est fortement regrettable.
Comme le souligne l’association Avello, une grande partie des pistes cyclables séparées initialement prévues « ont été éliminées ou remplacées par des pistes en plein trafic ou des couloirs partagés bus/vélos ». De surcroît, « l’absence de séparation physique pour les pistes cyclables » étonne, de même que le non-respect de la largeur conseillée de 4m pour les pistes bi-directionnelles, ni même le minimum de 3 mètres.
Par ailleurs, les pistes cyclables doivent être mieux identifiés (en utilisant la couleur ocre sur toute leur longueur). C’est particulièrement nécessaire dans les espaces où se trouveront de nombreux piétons (à proximité des arrêts de bus, des commerces, etc) où le choix d’une couleur de revêtement à peine discernable du reste des aménagements posera inévitablement les problèmes récurrents de tous les espaces « cyclo-pédestres ».
3. Détail des modifications souhaitées sur le tronçon faisant l’objet d’une demande de permis
Rue des Hotteuses
Le remplacement du pont devrait être envisagé, afin de disposer d’un site propre complet et de maintenir une largeur suffisante sur le Ravel.
Rue Saint-Nicolas
Le goulot d’étranglement entre les rues des Noyers et André-Delchef sera sans aucun doute très pénalisant pour les performances du bus, mais aussi pour l’ensemble de la mobilité du quartier. Je demande que ce tronçon soit reconsidéré, de façon à garantir la continuité d’un site propre bus, une piste cyclable confortable, une voie à double sens pour les voitures et des trottoirs confortables. Il s’agira aussi de veiller à un rayon de giration compatible avec le futur tramway. Pour cela, l’expropriation des trois immeubles situés aux numéros 432, 434 et 436 de la rue Saint-Nicolas, ainsi qu’un morceau du parking di commerce voisin me semblent devoir être envisagés.
Place Saint-Nicolas
La future station de tram devrait être dessinée dès à présent et les impétrants retirés de cette zone. Moyennant cette précaution, le réaménagement complet de la place — dont on peut souligner la qualité — apportera sans conteste une amélioration.
À noter : la très forte réduction de l’offre de stationnement qui est prévue risque de créer certaines tensions, notamment quant à l’activité commerçante.
Rue Bagolet
Le positionnement des arrêts de bus, qui interrompt le flux des voitures sur le principal axe reliant l’hypercentre à l’autoroute semble trop impactant, s’agissant de la principale voie de desserte du centre-ville, mais aussi d’un axe essentiel pour l’accès à deux des principaux hôpitaux de la ville. Il est souhaitable d’élargir la rue Bagolet (en expropriant et en déconstruisant les 6 maisons situées sur le côté droit en montant et en élargissant le viaduc au-dessus du chemin de fer) de façon à disposer d’un site propre (deux bandes) pour le transport public et de deux bandes pour la circulation automobile.
Avenue de Fontainebleau
L’aménagement prévu est à repenser, afin de :
a) créer un arrêt au niveau de la rue Dehin, tel que cela était prévu dans le Master plan de Sainte-Marguerite. Cet arrêt est notamment nécessaire pour assurer la correspondance avec le bus 23.
b) revoir le croisement de la piste cyclable avec la bretelle connectant la rue Bidaut, actuellement beaucoup trop dangereux ;
c) élargir la piste cyclable et mieux la protéger (distance, hauteur) du trafic automobile ;
d) éviter les zones hachurées blanches, qui n’ont pas leur place dans un milieu urbain ;
e) suturer dans la mesure du possible le tissu urbain abîmé par la percée autoroutière, au moins en veillant à rendre possible la création d’un front bâti entre les rues du Coq et Sainte-Marguerite.
Rond-point de Fontainebleau
Il semble souhaitable d’envisager dès à présent l’implantation de plusieurs arrêts de bus à proximité immédiate de la future station de tramway, ainsi que la possibilité d’un rebroussement pour permettre aux bus arrivant de la rue Sainte-Marguerite de repartir par la rue de Hesbaye, pour répondre aux besoins d’intermodalité qui se manifesteront à cet endroit.
En pratique
Les réclamations et observations écrites doivent être adressées au Collège communal et parvenir au plus tard le 13 juillet 2026 à 11h en mentionnant le n° de dossier (M/96899 CG), vos nom, prénom et adresse postale complète. Les réclamations peuvent être envoyées par courriel à l’adresse : enquete.urbanisme@liege.be.
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