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Interpellation

À quand la généralisation du bio dans les cantines communales ?

Interpellation au Collège communal, Conseil du 25 avril 2016.

Monsieur le bourgmestre,

Monsieur l’échevin de l’instruction publique,

Au cours des derniers mois et années, les informations se sont accumulées pour établir les dangers que représentent les pesticides pour la santé humaine.

Malgré le lobbying intensif et les mesures dilatoires que le secteur a multipliés, au mépris de la santé publique, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a ainsi, l’an dernier, classé 5 molécules utilisées en agriculture, dont le très répandu glyphosate, dans la catégorie des « cancérogènes probables ».

Ceci devrait être suffisant pour bannir définitivement ces molécules — et probablement l’ensemble des pesticides — de l’ensemble de la chaîne alimentaire — je salue d’ailleurs ici la décision récente de la Région de Bruxelles-Capitale de bannir complètement le glyphosate.

Ceci engage également la responsabilité de toute autorité amenée à préparer et à distribuer des repas au public, ce qui est le cas, directement et indirectement, de la Ville de Liège.

Certes, des efforts ont déjà été réalisés en ce sens — notamment pour les oeufs et la viande utilisés par Rescolie, si du moins cela est toujours d’actualité depuis que les activités ont été reprises par l’intercommunale ISOSL, ce que je vous saurais gré de bien vouloir me confirmer — mais ils restent limités au regard de l’enjeu.

Dans cette perspective, j’aimerais savoir si — et quand ? — vous prévoyez de généraliser le bio pour l’ensemble des repas servis par la Ville de Liège, en particulier en ce qui concerne les mineurs d’âge, population à la fois la plus exposée au risque et la moins susceptible de disposer d’une alternative.

Au vu des quantités nécessaires à assurer cette transition, il est possible que la filière locale rencontre, en l’état actuel des choses, des difficultés à répondre à une telle demande. Il me semble qu’il faut plutôt y voir une opportunité de développer la production bio locale et régionale, peut-être en envisageant de conclure avec des producteurs des contrats de longue durée leur permettant de développer leur activité.

Peut-être me répondrez-vous que le passage au tout bio est incompatible avec le maintien d’un prix abordable pour les repas, qui me semble très important. Je suis convaincu qu’il existe des réponses à ce problème, par exemple en se tournant vers les ressources de la cuisine végétarienne : ne plus servir de la viande que deux ou trois jours par semaine permettrait sans aucun doute, à budget constant, de généraliser le bio tout en pratiquant des prix justes pour les producteurs, mais aussi de rendre service à la santé des usagers des cantines et de réduire l’empreinte environnementale globale de la Ville et de ses usagers.

Je vous remercie d’ores et déjà pour vos réponses.

François Schreuer

Conseiller communal