Chronique dans A+ #231 - août/septembre 2011
Alors que débute la campagne des élections communales, il n’est pas inutile de s’interroger sur l’état du débat démocratique a l’échelon local. Trop nombreux, nous semble-t-il, y sont en effet les responsables a toujours considérer l’élection comme suffisante — rejetant volontiers toute forme de « démocratie participative » (formule consacrée) comme inefficace ou illégitime. À leur yeux, « la » démocratie est un régime politique, une catégorie binaire (to be or not...). Tel n’est pas notre avis. L’idée démocratique devrait plutôt être considérée comme un principe — jamais pleinement réalisé et intrinsèquement souhaitable —, celui du droit de chaque citoyen a prendre part a la délibération publique. Ce qui suppose quelques égards pour lui.
Il faut d’abord reconnaitre comme (aussi) politiques — et à ce titre susceptibles de faire l’objet du débat — des questions qui sont aujourd’hui cantonnées à la seule sphère des techniciens. L’urbanisme ou les grands projets d’architecture publique sont évidemment concernés. À ce titre, le rôle des experts est appelé a évoluer, en augmentant le nombre de leurs interlocuteurs.
Il faut ensuite rendre disponible toute l’information intéressant le débat public. La mise en ligne de l’information — y compris celle qui concerne les demandes de permis d’urbanisme ou le travail des CCATM — devrait être systématique et rapide. Plus que cela, les grandes villes devraient se doter — les modèles internationaux ne manquent pas —, de lieux dédiés à l’exposition de leurs projets.
Il faut enfin permettre l’existence d’un débat contradictoire. Cela passe notamment par l’inscription, dans les missions des télévisions publiques locales, de l’organisation d’un débat hebdomadaire. Cela passe aussi par le financement — et notamment par chacun d’entre nous — de contre-pouvoirs a qui il est demandé de produire un travail d’analyse et de documentation critique sur les projets d’aménagement urbain.
C’est seulement lorsque ces trois conditions sont remplies qu’il devient pertinent d’envisager des formes de démocratie dite « participative » — qui ne seront que des compléments au processus représentatif qui conserve sa centralité. Loin des caricatures qu’on en fait, les possibilités intéressantes ne manquent pas — concours d’idées, budgets participatifs,... — et leur usage peut améliorer la qualité des projets tout en évitant de stériles confrontations entre promoteurs d’un projet s’entêtant dans une idée et citoyens réduits malgré eux à la figure des opposants « bêtes et méchants ». On en est loin.
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