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C’est parti…

Comme prévu, j’ai donc prêté serment hier soir, lundi 3 décembre, comme conseiller communal. Après les quelques semaines de répit relatif depuis la fin de la campagne électorale, voilà donc l’activité politique qui repart sur les chapeaux de roue. Comme je l’avais promis , j’ouvre donc cet espace pour rendre compte du travail que je vais mener au sein du Conseil communal. Je tâcherai de poster régulièrement de courts billets, qui seront signalés sur mon compte Twitter ainsi que sur Facebook et, peut-être, sur G+. J’espère que cet outil contribuera à rendre le fonctionnement du Conseil — et celui du jeu politique local en général — plus lisible pour celles et ceux qui me feront l’honneur de me lire.

Ce blog complètera bien entendu le site et les autres canaux de communication de la Coopérative VEGA et sera spécifiquement consacré à la politique communale liégeoise. Son contenu n’engagera que moi. Un ou deux porte-parole de VEGA devraient, en principe, être rapidement désignés, ce qui permettra de faire la part des choses entre mon travail au Conseil et l’expression, d’ordre plus général, de la jeune organisation politique dont je fais partie.

J’entame, logiquement, ce nouveau blog par un bref compte-rendu de la soirée d’hier. Je reviendrai sans doute ultérieurement sur une analyse des résultats du scrutin et d’autres considérations nées de mes premiers pas comme élu local.

La soirée d’hier a commencé pour moi vers 18h, avec la réunion des chefs de groupe, à laquelle le bourgmestre avait convié — décision que je salue — les deux nouvelles formations qui font leur entrée au Conseil. Outre le bourgmestre, Willy Demeyer, et le secrétaire communal, Philippe Rousselle, y participent les 6 chefs de groupe, à savoir, dans l’ordre alphabétique, Christine Defraigne pour le MR, Michel de Lamotte pour le CDH, Raoul Hedebouw pour le PTB, Bénédicte Heindrichs pour Ecolo, Jean-Claude Marcourt pour le PS ainsi que votre serviteur, donc, pour VEGA (on verra si cette pratique est confirmée par la suite). En une petite demi-heure, l’ordre du jour de cette première séance du Conseil a été passé en revue et la question de l’écriture d’un nouveau Règlement d’ordre intérieur du Conseil a été abordée. Deux séances de la « Commission réunie » (une réunion réunissant l’ensemble des conseillers communaux mais n’ayant pas statut de Conseil) devraient être convoquées dans le courant de la semaine prochaine pour formuler une proposition de texte. Ce nouveau ROI devra notamment — en application du décret wallon — intégrer la possibilité de l’interpellation citoyenne. Il balisera aussi le droit d’interpellation dont disposent les différents groupes au Conseil : l’enjeu à cet égard, pour VEGA, est d’obtenir le statut de « groupe ». Un consensus semble cependant, dès à présent, se dégager en faveur d’un droit d’interpellation pour les six formations représentées au Conseil, ce dont je me réjouis. Il a aussi été brièvement question de l’attribution des places dans la salle du Conseil (entre les groupes, ceux-ci se répartissant les places leur attribuées en leur sein). J’occuperai, pour ma part, le fauteuil qui a été celui de Veronica Cremasco puis de Micheline Halleux sous la dernière législature et j’aurai le plaisir d’avoir pour voisins Brigitte Ernst et Michel Faway. Il a aussi été question du tableau de préséance des conseillers.

Mais venons-en au Conseil proprement dit. La foule des grands jours est au rendez-vous. Une délégation des Travailleurs sans emploi de la FGTB distribue tracts et sachets de soupe produit blanc. Le temps de rapidement les saluer, de trouver mon siège et la séance commence. Un peu particulière : il ne s’agit ici que d’une séance d’installation, dont la plupart des points à l’ordre du jour sont purement protocolaires ; les choses sérieuses ne commenceront que le 17 décembre.

On entame avec la lecture d’une communication relative à la validation des élections communales par le Collège provincial et par la validation des pouvoirs des conseillers élus. Tous les élus sont présents, sauf Jean-Paul Bonjean, élu sur la liste socialiste, qui ne prêtera vraisemblablement serment que le 17 décembre, étant concerné par une règle d’incompatibilité entre son nouveau mandat et son emploi à la police de Liège. Les désistements de Gérard Georges (suppléé par Jean-Géry Godeaux) et de Jacky Moral (par Quentin Le Bussy), déjà annoncés, sont confirmés. Et voilà la prestation de serment. Après que le bourgmestre ait prêté serment dans les mains du premier échevin, chaque conseiller est appelé à prononcer le serment d’usage (« Je jure fidélité au roi, obéissance à la Constitution et aux lois du peuple belge »). Quelques-uns se trompent ou cabotinent. Chacun signe le document ad hoc. Il reste encore à valider le tableau de préséance (défini en fonction de l’ancienneté dans la fonction et des voix de préférence) et l’on peut enfin aborder le volet proprement politique de ce Conseil.

Après que le secrétaire ait fait état de la recevabilité du pacte de majorité, qui définit notamment la composition du nouveau Collège, lequel prêtera serment quelques minutes plus tard, ce texte est adopté par vote nominal, à haute voix. Ce vote définit le périmètre de la majorité. Sans surprise, on enregistre 28 voix pour sur 48 votants. Aucune abstention : la majorité, on n’y est ou on n’y est pas.

À travers la déclaration politique du bourgmestre, la majorité annonce ses priorités (je ne sais pas si ce texte a déjà été publié sur le net). Un nouveau projet de Ville sera adopté d’ici le printemps, avec l’ambition de tracer le cadre de l’action communale à l’horizon 2022. Trois priorités sont mises en avant par la majorité : 1) la diminution du coût de la vie, qui empruntera notamment la voie fiscale (il est question d’une réduction de la taxe urbaine), l’intensification des mesures prises en faveur des économies d’énergie (prêts à taux zéro, primes à l’isolation renforcées,…) et un renforcement de l’Agence immobilière sociale. 2) La création d’emplois, notamment par le développement du tourisme d’affaires. 3) La construction d’une communauté urbaine à l’échelle de l’arrondissement, centrée autour de 6 domaines d’action : l’aménagement du territoire, la mobilité, la police, les schémas de développement économique et commercial, les grands équipements et la promotion internationale. Le bourgmestre ajoute encore un mot sur le projet « Liège 2017 » (j’y reviendrai), présenté comme amorçant un « mouvement irréversible » (les projets envisagés devant être, à en croire le bourgmestre, réalisés sans tarder).

Tous les chefs de groupe sont ensuite invités à répliquer. J’aurai donc la chance, pour ma première intervention au Conseil, de pouvoir exprimer de façon assez générale le positionnement de VEGA sur les grands enjeux de la gestion communale (non sans dépasser, bien involontairement, le temps de parole convenu : le chronomètre sera pour moi un accessoire nécessaire).

Mon intervention s’articule en trois points : La politique d’austérité menée au fédéral menace gravement et doublement les finances communales. Les choix seront difficiles et la priorité devra clairement être donnée au social et à la solidarité. La politique de logement demandera . Le CPAS devra recevoir les moyens nécessaires à mener un travail correct, qui ne lui sont pas accordés à ce jour. Les crèches publiques doivent être développées car l’offre est très insuffisante. De manière générale, la Ville doit défendre un service public accessible à tous. La majorité annonce un projet à l’horizon 2022. C’est trop court. La Ville doit amorcer une transition énergétique, ce qui demandera beaucoup plus d’engagement que la création de quelques primes énergétiques et une vision beaucoup plus large. Notamment au niveau territorial et économique : Liège a besoin de retrouver un vrai projet industriel plutôt que de développer la monoculture logistique, qui n’aboutit qu’à l’intensification de la concurrence mondiale et à la destruction d’emplois locaux. Au niveau territorial, la supracommunalité et l’attention portée aux fonctions métropolitaines ne doit faire oublier la rive droite de la Meuse, dont les quartiers ne vont pas bien et ont besoin d’investissements publics, et notamment d’une ligne de tram. Enfin, une large aspiration démocratique s’exprime — à travers l’élection communale ou en différentes occasions qui ont marqué la vie publique liégeoise au cours des dernières années — dans la population liégeoise. Elle doit être entendue. Par la création de conseils de quartiers, en application de la législation wallonne existante. Par l’organisation régulière de consultations populaires. Par un plan d’accessibilité aux données publiques.

Pour terminer, la composition du Conseil de l’Aide (mécaniquement définie selon le décret) est communiquée. Le PS y disposera de 7 sièges, le MR de 3, le CDH et Ecolo de 2 et le PTB de 1.

La composition des commissions ainsi que la désignation des représentants de la Ville dans les AG des intercommunales — points sensibles, dans certaines groupes — sont quant à eux ajournés.

 

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