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Du difficile chemin vers l’union du multiple en politique

Notre vie politique a parfois des détours curieux.

Tout le monde ou presque — acteurs, commentateurs, électeurs — déplore de façon constante la division de l’offre politique, son illisibilité et, en ce qui nous concerne, l’incapacité de la gauche à faire bloc pour défendre de grands choix de société sur lesquels, pour bon nombre, il y a un large consensus. Ces questions représentent pourtant, pour certaines, des urgences absolues, comme la réduction collective du temps d’emploi ou la mise au centre du jeu de la question climatique.

Il n’empêche que les acteurs politiques qui s’engagent concrètement en faveur d’un regroupement — comme l’avons fait avec VEGA il y a six mois vis-à-vis d’Ecolo, sans résultat jusqu’à présent —, sont régulièrement dépeints comme faibles, quémandeurs voire, laisse-t-on parfois entendre, plus ou moins coupables de grenouillage douteux.

Ainsi, dans la DH, je suis dépeint (parce que, évidemment, le caractère collectif de la proposition de VEGA, est gommé) comme un « jeune marié qui, excédé par les règles qu’impose une vie de couple, quitte le ménage… avant de revenir frapper à la porte du domicile conjugal » (sic), ceci alors même que j’ai quitté Ecolo… en 1999.

Le Soir, pour sa part (qui gomme lui aussi le caractère collectif de la proposition en présentant notre courrier comme signé par « six membres » alors que ces six personnes représentent la coopérative dans son ensemble), parle de l’« impatience » de VEGA (après six mois sans même une réponse à nos courriers) et titre sur le fait que « la porte » reste ouverte pour Ecolo tout en rapportant les propos de la porte-parole d’Ecolo dont l’intention est de constituer des listes et de rédiger un programme avant, peut-être, d’envisager un contact avec VEGA (à votre avis, comment Ecolo réagirait si on lui proposait pareil dispositif ?).

Je trouve tout cela éminemment regrettable et je crois que beaucoup de militants sincères d’Ecolo ou d’autres formations partagent ce point de vue. Je veux leur dire fraternellement que nous avons tous, nous militants de l’émancipation, une responsabilité qui consiste, minimalement, à envisager la possibilité de se regrouper avant d’en venir à déposer des listes concurrentes.

On me dit que nous ne devrions pas rendre publiques ces difficultés. Je n’en suis pas d’accord. Parce que chaque citoyen a le droit de savoir comment les choses se passent. Parce que, aussi, les organisations représentées politiquement sont loin de disposer d’un monopole sur la parole et l’engagement politique et qu’il se peut — on doit d’ailleurs l’espérer — que d’autres collectifs et organisations souhaitent participer à un rassemblement qui se constituerait sur un programme écosocialiste.

Au cours de la mandature qui se terminera l’année prochaine, VEGA a mené une opposition communale très active et, si j’en crois les commentaires que je lis et entends, remarquablement féconde au vu de son poids politique congru (1 siège sur 49). Nous avons montré qu’il était possible, depuis une position très minoritaire, d’obtenir des résultats dans de multiples dossiers concrets tout en menant la bataille des idées. J’espère vivement que ce travail pourra se poursuivre dans un cadre plus unitaire et j’incite chacune et chacun à apporter sa pierre.

 

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