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Ne pas négocier avec la NV-A, vraiment ?

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J’aimerais dire, dans cette bizarre campagne, combien me semble faible et inconséquente l’attitude des grands partis francophones qui, ces derniers jours, déclarent, les uns après les autres, que, peu ou prou, ils ne négocieront pas avec la NV-A.

En effet, ce faisant : Ils donnent absolument raison à celle-ci lorsqu’elle explique qu’il n’y a plus de démocratie belge (ce qui, au demeurant, n’est pas nécessairement un problème fondamental, mais pose quand même quelques difficultés dans l’immédiat). Ils se décrédibilisent d’avance dans leur rôle de défenseurs des idées qu’ils prétendent défendre (à quoi sert un parti politique qui refuse par principe de négocier avec l’interlocuteur que les urnes auraient rendu incontournable ?).

Cette attitude aberrante (je me demande, soit dit en passant, si les adorateurs de ce non-concept ne pourraient pas ici parler de « populisme »), cette attitude aberrante, dis-je, des partis francophones s’explique cependant rationnellement. Principalement, me semble-t-il, par la démonétisation accélérée — sous l’influence de quelques imprécateurs et de différents facteurs dont il conviendra de faire l’inventaire — de la valeur de la négociation (et donc du compromis). Il faut en poser le constat tragique : transiger n’a pas bonne presse. C’est-à-dire, si l’on veut bien pousser le raisonnement jusqu’à son terme, que l’on assiste à une démonétisation accélérée de la légitimité d’un système électoral proportionnel (et pour cause : la négociation est de rigueur lorsque personne n’a la majorité à soi tout seul ; c’est en tout cas la moins mauvaise option que je connaisse, et la moins violente).

Quiconque m’aura fait la grâce de me suivre dans ce bref développement pourra sans doute considérer avec moi que les risques auquel tout ceci nous mène sont considérables.

Autrement dit : si l’on veut défendre un régime politique dans lequel les expressions minoritaires ont leur place, je pense que l’on est condamné — et chacun d’entre nous a ici une responsabilité — à faire preuve de nuance dans la lecture du jeu des coalitions gouvernementales — même si leur illisibilité, je l’admets bien volontiers, constitue un problème énorme.

Plus concrètement, en ce qui concerne la question de la Belgique, il se pourrait bien que l’on soit amené, assez rapidement, à choisir entre « l’avenir du pays » et celui de son modèle social. Et qu’il convient donc, de façon urgente, de demander avec insistance aux forces politiques qui prétendent garantir les deux à la fois (soit l’entièreté des partis francophones représentées au parlement, mais paradigmatiquement le Parti socialiste dont la conjonction de ces deux éléments constitue quasiment le slogan de campagne) ce qu’ils comptent faire lorsque — après s’être résolus à négocier avec la NV-A en dépit de leurs promesses électorales, s’il échet que celle-ci soit effectivement incontournable — ils seront mis devant ce dilemme.

 

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